L’entrepreneuriat social dans les pays en développement: Levier d’une croissance responsable ?


Appel à Communication [Télécharger l’appel]

Depuis une dizaine d’années, l’entrepreneuriat social suscite un intérêt croissant qui enthousiasme des acteurs issus de tous les milieux : scientifique, économique, politique et médiatique. Convergences 2015[1], lui consacre annuellement une publication, le baromètre de l’entrepreneuriat social,  qui retrace les principales tendances de l’entrepreneuriat social dans les pays Nord et du Sud et présente des chiffres actualisés sur l’entrepreneuriat social dans le monde.

Reconnu comme étant une réalité ancienne, puisque son développement s’est effectué en parallèle avec celui de l’économie sociale et solidaire dont les racines remontent au milieu du 19e siècle, l’entrepreneuriat social connait un renouveau avec la crise économique et la montée du chômage. Il est perçu par certains comme « la solution » à la crise de confiance que connait le capitalisme aujourd’hui.

En partant des manifestations diverses du phénomène, plusieurs définitions de l’entrepreneuriat social ont été proposées. S. Zahra et al. (2009) en identifient 21 entre 1997 à 2007. Cependant, deux  grandes approches de l’entrepreneuriat social peuvent être distinguées : Une approche  anglo-saxonne, notamment américaine mettant en avant le rôle de l’individu, l’entrepreneur social, qui exploite des opportunités pour servir une mission sociale (Thompson, 2008, Dees and Anderson, 2006, Bornstein, 2004), et une approche européenne, centrée sur l’entreprise sociale, définie comme « une organisation avec un but explicite de service à la communauté, initiée par un groupe de citoyens et dans laquelle l’intérêt matériel des investisseurs est sujet à des limites. Les entreprises sociales placent une grande valeur dans leur autonomie et supportent les risques économiques liés à leurs activités » (J. Defourny et M. Nyssens, 2006, p. 2).

L’entrepreneuriat social prend tout son sens dans les pays en développement, où il s’avère judicieux de mettre en place une stratégie « réaliste » en matière de développement économique et social. Il  pourrait y incarner une dimension d’innovation, principalement sociale au sens de la définition de l’innovation sociale de Bouchard (1999, p.2).

A titre d’exemple, au Maroc, des initiatives innovantes à vocation sociale se sont multipliées ces dernières années, impulsées notamment par l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH).  Ces initiatives conduites par des acteurs dits « entrepreneurs sociaux » se sont focalisées sur l’identification d’opportunités de réponse à des besoins spécifiques ; sociaux ou environnementaux et  sur  la concrétisation de ces opportunités par la mise en œuvre de solutions entrepreneuriales appropriées. En Tunisie, une appétence pour le développement durable et principalement pour l’entrepreneuriat social se fait aussi sentir. Plusieurs ONG, l’ONU, l’UE et bien d’autres soutiennent cette nouvelle forme de développement social par le biais de la mise en place d’activités économiques. La création du « Tunisian Center for Social Entrepreneurship » prouve une action engagée sur le terrain et un désir de répondre aux aspirations des générations présentes et futures. Il s’agit de deux archétypes parmi tant d’autres que nous souhaitons explorer et appréhender. Il peut être captivant de comprendre la mise en place de telles politiques dans des contextes culturels hétérogènes comme au Mexique, en Europe Centrale ou encore en Indonésie.

Ce colloque a pour ambition de contribuer à décrire et comprendre le phénomène de l’entrepreneuriat social à travers ses différentes manifestations notamment dans les pays en développement. Par ailleurs, l’objectif est de situer ce concept par rapport à des concepts voisins de discuter des spécificités managériales de l’entreprise sociale.

Plus précisément, ce colloque international s’intéressera aux communications traitant des problématiques suivantes dans les pays en développement :

  1. Rendre compte des avancées théoriques concernant l’entrepreneuriat en contexte de lutte contre la pauvreté et de recherche d’un développement durable ;
  2. Situer le concept d’entrepreneuriat social par rapport à d’autres concepts  (Economie sociale et solidaire, Social business, BOP…) ;
  3. Positionner l’entrepreneuriat social par rapport à des problématiques actuelles : développement local, développement humain, développement durable, responsabilité sociale, responsabilité sociétale … ;
  4. S’intéresser aux problématiques de financement de l’entrepreneuriat social et de la micro-finance ;
  5. Analyser les business model des entreprises sociales et leurs spécificités ;
  6. Eduquer et sensibiliser à l’entrepreneuriat social ;
  7. Caractériser le champ de l’entrepreneuriat social dans les pays en développement à travers ses différentes manifestations ;
  8. Analyser les spécificités, les modes de fonctionnement et les pratiques des entreprises sociales ;
  9. Explorer les conditions de développement et pérennisation des entreprises sociales et notamment dans le cadre d’un changement d’échelle ;
  10. Discuter des différentes méthodes d’évaluation de l’impact social.

Ce Colloque est organisé avec la participation de :

  • L’Institut Panafricain de Développement pour l’Afrique du Nord (IPD/AN).
  • La Fondation des Jeunes Entrepreneurs (FJE), Maroc.
  • Le Centre de Recherche sur l’Entreprise et le Développement local (CREDEL), Maroc.
  • Le Centre Marocain pour l’Innovation et l’Entrepreneuriat Social (Morrocan CISE).
  • Le Centre Mohamed VI de soutien à la microfinance solidaire- Maroc ;
  • Le Réseau Marocain de l’Economie Sociale et Solidaire (REMESS).

  • Comité d’organisation

Sylaine Castellano, ESG Management School, France.

Bouchra Debbagh, FSJES-USMBA, Fès, Maroc.

Asmae Diani, FSJES-USMBA, Fès, Maroc / IRG, Université Paris-Est, France.

Leïla Fekkak, FSJES-USMBA, Fès, Maroc.

Séverine Le Loarne-Lemaire, Grenoble Ecole de Management; France.

Adnane Maalaoui, ESG Management School, France.

Fatima Zahra Madhat, EST-USMBA, Fès, Maroc.

Amina Magdoud, FSJES-USMBA, Fès, Maroc.

Abdellatif Taghzouti, ENCG-USMBA, Fès, Maroc.

Julie Tixier, Laboratoire IRG, Université de Paris-Est-MLV, France.

Comité scientifique

Amina Bécheur, IRG, Université Paris-Est-MLV

Julienne Brabet, IRG, Université Paris-Est, Créteil

Pénélope Codello-Guijarro, IRG, Université Paris-Est-MLV

Didier Chabaud, Université d’Avignon

Ana Colovic, Rouen Business School

Leo Dana, University Of Canterbury

Ali Dardour, Bordeaux Ecole De Management

Boudahla Driss, FSJES-USMBA, Fès, Maroc.

Esserrhini Farissi, USMBA, Fès, Maroc.

Alain Fayolle, EM Lyon Business School

Cécile Fonrouge, IRG, Université Paris-Est – Mlv

Inès Gabarret, EDC Paris

Géraldine Galindo, Pesor, Université Paris-Sud

Olga Ivanova, ICN Nancy

Emmanuel Kamdem, IPD-Afrique, Yaoundé, Cameroun

William Menvielle, Université Du Québec A Trois-Rivières

Walid Adam Nakara, ESC Montpellier

Amélie Notais, PESOR, Université Paris-Sud

Thierry Rayna, London Metropolitain University

Elen Riot, Reims Business School

Etienne Saint-Jean, Université Du Québec A Trois-Rivières

Abdellaoui Si Mohamed, FSJES-USMBA, Fès, Maroc.

Abdelhamid Skouri, FSJES-USMBA, Fès, Maroc.

Abdelaziz Squalli, FSJES-USMBA, Fès, Maroc.

Ludmilla Striukova, University College London

Benjamin Vedel, IAE Lille

Corinne Vercher, Université Montpellier

Olfa Zeribi, IHEC Carthage Tunisie

  • Deadlines:

 

30 Mai 2013 Soumission du résumé (500 mots)
30 Juin 2013 Soumission du papier complet
22 Juillet 2013 Notification aux auteurs
1er septembre 2013 Envoi de la version finale après révision éventuelle (demandée) du papier
27 et 28 Septembre 2013 Tenue du colloque international
30 Octobre 2013 Soumission des meilleurs papiers  pour publication
  • Normes de Soumission :

–         Les textes doivent être dactylographiés en Times New Roman corps 12 avec un interligne 1.5 et des marges de 2.5 cm (en haut, en bas, sur la droite et sur la gauche).

–         Les paragraphes seront justifiés. Le document sera paginé (au centre du pied de page). Les rares notes de bas de page seront numérotées pour chaque page (quelle que soit la page, la première note porte toujours le n°1).

–         Le texte ne comporte aucun caractère gras, italique ou souligné, qu’il s’agisse du corps du texte ou des titres et sous-titres.

–         L’article ne doit pas dépasser 40 pages, figures, tableaux, annexes et bibliographie compris.

–         Les références bibliographiques doivent être mises en forme selon le style Harvard (APA Style).

Envoi à l’adresse suivante : socialentrepreneurship2013@esg.fr

  • Publication

Après une évaluation en double aveugle, les meilleurs papiers seront retenus pour publication dans une revue classée. Un ouvrage collectif sera également édité.

  • Bibliographie indicative

Ashoka. (2003). What Is a Social Entrepreneur?. Available: http://www.ashoka.org/fellows/social_entrepreneur.cfm,  Last accessed July 1, 2004.

Bornstein, D. (2004). How to change the World: Social Entrepreneurs and the Power of New Ideas. USA. Oxford University Press. 336 pages.

Bouchard, C. (1999), Recherche en sciences humaines et sociales et innovations sociales. Contribution à une politique de l’immatériel. Conseil québécois de recherche sociale (CQRS), Groupe de travail sur l’innovation sociale.

Dacin P.A., Dacin T., Matear M.  (2010). Social entrepreneurship: why we don’t need a new theory and how we move forward from here. Academy of Management. vol.24 (n°3), pp.37-57.

Dees, J. G, Emerson, J. and Economy P. (2001). Enterprising Nonprofits: A Toolkit for Social Entrepreneurs, New York: Wiley.

Dees, J. G, Emerson, J. and Economy P. (2002). Strategic Tools for Social Entrepreneurs: Enhancing the Performance of your Enterprising Nonprofit. New York: Wiley.

Dees, J. G. & Anderson B.B. (2006). Framing a Theory of Social Entrepreneurship: Building on Two Schools of Practice and Thought, Research on Social Entrepreneurship, ARNOVA Occasional Paper Series. vol.1 (n°3), pp. 39-66.

Defourny J., Nyssens M. (2006). Defining Social Enterprise, in Social Enterprise: between Market, Public Policies and Civil Society. New York.  Ed.London- Routledge. pp. 3-26.

Fayolle A., Matlay H. (2010). Handbook of Research in Social Entrepreneurship. Cheltenham (UK). Ed. Edward Elgar,

Howorth, C., Smith, S.M., Parkinson, C. (2012). Social Learning and Social Entrepreneurship Education. Academy of Management Learning & Education. vol.11 (n°3),  pp.371-389.

Mair, J. & Schoen, O. (2007). Succesful social entrepreneurial business models in the context of developing countries. International Journal of Emerging Markets. vol. 2 (n°1), pp.54-68.

Osterwalder, A, Rossi, M and al, (2002). The Business Model Handbook for Developing Countries. IRMA Information Resource Management. Association International Conference, Seattle.

Porter, M E., and Kramer, M R. (1999). Philanthropys New Agenda: Creating Value. Harvard Business Review. vol. 77 (n°6), pp.121-130.

Seelos, Ch., Mair, J. (2007). Profitable business models and market creation in the context of deep poverty: A Strategic View. Academy of Management Perspectives. n°21, pp.49-63.

Short, J.-C., Moss, T. W., Lumpkin, G.T. (2009). Research in social entrepreneurship: past contributions and future opportunities. Strategic entrepreneurship Journal. n°3, pp.161-194.

Thompson J. (2008). Social enterprise and social entrepreneurship: where have we reached?. Social Enterprise Journal. vol.2 (n°4), pp.149-161.

Timmons, J.A. & Bygrave, W.D. (1986). Venture capital’s role in financing innovation for economic growth. Journal of Business Venturing. n°1, pp.161–173.

Zahra S.A., Gedajlovic E., Neubaum D.O., Shulman J.M. (2009). A typology of social entrepreneurs: Motives, search processes and ethical challenges, Journal of Business Venturing. vol.24 (n°5), pp.519-532.

 


[1] Convergences 2015 est une plateforme de réflexion en Europe destinée à établir de nouvelles convergences entre acteurs publics, privés et solidaires pour promouvoir les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et lutter contre la pauvreté et la précarité dans les pays du Nord et du Sud. http://www.convergences2015.org

 

 


A Noter :

  • Dernière mise à jour : Le Lundi 29 Novembre 2021 à 12H13.

    info site

Faculté en chiffres (2020-2021):

  • 37 602 inscrits en Licence
  • 174 en Licence Pro
  • 1 599 en Master
  • 1 294 en Doctorat
  • 47 % de Sexe féminin
  • 09 Filières
  • 05 Licences Pro
  • 25 Masters
  • 05 Formations doctorales
  • 06 Laboratoires de recherche
  • 178 Enseignants
  • 72 Administratifs
  • 2822 Diplômés LMD
  • 603 Étudiants étrangers
  • 40 Nationalités

E-mail académique

Nous écrire :

Suivez-nous